Stéphane Révilla: "je suis un patron paternaliste".

Parlez-moi de vous et de votre poste chez Ruan Bureautique

Je suis le patron. J’occupe ce poste depuis 15 ans. J’ai racheté cette entreprise de vente et d’entretien de photocopieurs professionnels située à Béziers en 2002. Je suis un patron plutôt paternaliste.

Stéphane Révilla, patron de Ruan Bureautique, spécialiste des photocopieurs professionnels à Béziers

Ce qui m’importe, c’est que les gens se sentent bien ici, qu’on forme une équipe.
Cela ne m’empêche évidemment pas de dire les choses quand elles doivent être dites mais j’essaye que chacun trouve sa place et s’y sente bien.

Je suis passé par tous les postes de cette entreprise, puisqu’à la base, je suis technicien. Je connais les difficultés, les travers de chaque poste et je n’ai pas peur de me salir les mains.
S’il faut de l’aide pour charger ou décharger un camion, je peux me rendre disponible, s’il faut passer la serpillère, je le ferai, s’il faut s’occuper des factures ou du courrier, je le ferai, s’il faut préparer des réunions, je le ferai. S’il faut vendre, je vends.

Je suis un capitaine. Je dirige l’équipe, le bateau, et, si nécessaire, je peux donner des coups de barres.
Je pense que dans mon entreprise, la force de chacun fait la force de tous.

Vous souvenez-vous de votre premier jour de travail à Colombiers ?

Je suis entré comme technicien.
Je m’en souviens très bien, je venais de Paris. J’étais dans une société internationale de 18.000 personnes où j’occupais un grand poste et j’ai débarqué dans cette boite, l’entreprise d’un seul homme !

J’ai eu un peu peur, je l’avoue, je l’écoutais me dire ce qu’il y avait à faire et j’avais l’impression de régresser de dix ans dans ma carrière. Mais on avait un deal.
La perspective de rachat de l’entreprise à court terme.
Et j’ai décidé de lui faire confiance.
Dans la vie, il n’y a pas de hasard, il n’y a que des chemins à prendre.
On a travaillé main dans la main avec cet homme pendant environ cinq ans. Il m’a permis de comprendre comment ça fonctionnait.

Il m’a appris l’humilité et cette gestion différente, plus humaine, plus paternaliste d’une société.
Je n’ai fait qu’appliquer une méthode qui fonctionnait. La sienne. Les clients aiment ça. Ils sont d’ailleurs restés.
Je me suis appliqué à être simple, à être dans le partage.

Quelle est selon vous la force de cette entreprise ?

Ruan Bureautique, c’est avant tout une société à taille humaine.
Chaque client sait à qui il s’adresse chez nous, il y a vraiment très peu de turn-over depuis qu’on existe. Chacun est à sa place.

C’est important de venir travailler avec plaisir. Car cela se ressent aussi à l’extérieur. On fait en sorte que les clients se sentent bien chez nous.
Nos prix sont stables et nous choyons notre clientèle.

Notre force, c’est aussi de faire les choses de manière réfléchie, sans foncer tête baissée. Notre évolution s’est faite naturellement.

La relation client semble essentielle dans votre entreprise, comment cela se traduit-il au quotidien ?

Par le contact humain à tous les niveaux.
Bien entendu, nous ne sommes pas contre la relève des compteurs par internet, les E-factures, les suivis à distance via les portails collaboratifs mais je préfère rester en relation directe avec mes clients.
J’aime qu’on se parle. Notre taille d’entreprise nous le permet, pour moi, c’est essentiel de garder ce contact intact.

Je n’ai rien contre les nouvelles technologies mais n’encourage pas leur utilisation à tout prix dans nos échanges avec les clients.
Je souhaite continuer à me démarquer sur ce point. Et je ne pense pas que c’est ce que demandent les entreprises avec lesquelles je travaille.

Nous sommes une entreprise locale et localisée, avec un rayonnement de notre activité de location, d’entretien et de vente de photocopieurs professionnels à Béziers mais aussi dans tout l’Hérault (34) et même plus largement l'Occitanie, de Toulouse jusqu’à Nimes.

Avez-vous une anecdote ou un souvenir particulier avec un client de Ruan Bureautique ?

Il m’est arrivé un truc assez dingue !

J’étais tout juste chef d’entreprise. Un jour, un homme s’est présenté chez nous. Il avait une très grosse voiture. Il n’était pas client, je ne le connaissais pas, mais il voulait absolument acheter un photocopieur. Je lui ai montré une machine, lui ai donné le prix et il m'a dit immédiatement: "Très bien, ça me va."
Il a ouvert une sacoche dans laquelle il y avait peut-être cent mille euros en papier, des bons au porteur je crois, à l’épaisseur de cette pile de papier, on ne devait pas être loin de cette somme.
Son banquier lui avait fait un listing avec des bons de 1000 euros que le gars déchirait au fur et à mesure.
Je n’avais pas l’habitude de ça. Moi, on me paye en chèque, en carte, mais en bout de papier, non jamais !
Je n’y croyais pas, j’ai quand même émis des doutes sur ces bons, ces papiers, il m'a dit: "Appelez votre banquier, le mien si vous voulez, moi j’ai autant à dépenser en matériel et je veux le faire maintenant. "
J’ai hésité mais je me suis dis bon, si je me fais avoir ça me fera une expérience, une leçon…
Donc je lui ai dis ok, vous pouvez avoir la machine.
Et là, il a sorti une télécommande de sa poche, clic-clic et j'ai vu le coffre de sa voiture qui s’est ouvert à distance.

Je parle de ça, il y a quinze ans! On n’avait pas l’habitude de voir ça. Il était garé à 100 mètres et il m'a dit, allez me la mettre dans le coffre je vous prie. J'arrive...
Comme dans un cinq étoiles !

Il est parti avec sa super voiture, mon photocopieur, je n’avais pas de nom de société, rien, il n’était pas d’ici, je n’ai plus jamais entendu parler de lui et voilà ! Une histoire incroyable.

Je me suis dit, quinze jours que je suis patron, qu’est-ce que j’ai fait comme bêtise ?!

Mais l'histoire s’est bien terminée puisque mon banquier m’a vite rassuré et que ces papiers valaient bien le montant indiqué.

Retrouvez bientôt la suite de ce portrait...